jeudi, 29 octobre 2009

15 - Faux-Semblants - David Cronenberg

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Faux-Semblants

David Cronenberg

 

 

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Qu’est ce que le désir ?  Abolir la distance physique qui nous sépare de l’être aimé. Faux-Semblants, œuvre hantée par l’inceste, chancele sans cesse, et d’une manière effroyable, entre désir et cruauté.

Les jumeaux Elly et Bev sont dans une fuite et un déni total du désir qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, ce qui les plonge, peu à peu, dans une spirale d’horreur.

Cronenberg régénère des figures anatomiques anciennes - férailles obstetriques délirantes, écorchures médicales divers - comme pour apporter une réponse à cette plainte obsédante : comment t’aimer, comment te consommer, comment t’avoir à moi, en moi. L’apparition d’un tiers, Claire Niveau, troisième "âme", précipitera pour de bon le couple dans un enfer de cruauté. Se découdre, ou bien se recoudre ; pour finalement, s’ouvrir, littéralement, à l’autre, au cours d’une scène de dissection mutuelle dont on sort médusé, ébranlé.

Phénoménale BO signée Howard Shore, as usual.



16 - May - Lucky McKee

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May

Lucky McKee

 

 

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May fait partie de ces personnages (tels Edward aux mains d’argent) dont on ne peut que tomber amoureux.
Bercée dans une sorte d’absolu dément, tremblante d’appétit, hypersensible aux douleurs du monde, grâcieuse dans sa maladresse, May est LA weirdos magnifique, celle en chacun de nous, cet archétype adolescent intemporel, le plus fort de tous. Le film est entièrement érigé autour de sa figure, s’enroulant sur ses hanches tantôt avec un érotisme glacial, tantôt avec une vraie tendresse.
Il fallait un corps d’actrice à la hauteur pour l’incarner : ce fut celui, prodigieux, d’Angela Bettis, actrice sublime, actrice d’un seul film.

Il serait impossible, et surtout très grossier, d’énumérer les visions traumatisantes déroulées par Lucky Mc Kee dans son film tant elles sont nombreuses, (et belles, tellement belles…) alors on se contentera de glisser un mot sur les cinq dernières minutes qui, dans la veine burtonnienne la plus noire, comptent parmi les plus intenses du cinéma d’horreur de ces dernières années.

mercredi, 28 octobre 2009

17 - The Blob - Chuck Russell

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The Blob (1988)

Chuck Russell

 

 

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Un glaviot géant venu de l’espace digère tout ce qu’il y a d’organique à sa portée. Face à lui, une bande de d’jeunz permanentés en jean's taille haute détalent pour sauver leur peau.

Pendant ce temps là, la chose grossit, et mange, et grossit encore…

C’est du gore fécale et sphynctérien, la veine la plus crade du genre, très drôle mais très inquiétant parfois. Spécialement lorsque le film déploit un impressionnant catalogue de sévices gastriques : dissoud la peau, siphone la chair, digère la graisse, déglutit le sang ; on est bien peu de chose dans le ventre du Blob. La scène de l'évier aura marqué le genre, à sa façon. A vous liquéfier d’horreur!
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mercredi, 14 octobre 2009

18 - Jeeper Creeper, le chant du diable - Victor Salva

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Jeeper Creeper, le chant du diable

Victor Salva

 

 

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Impossible d’oublier ce plan de l’aile déchirée s’agitant devant les phares d’une voiture, véritable explosion diabolique au cœur du film, alors qu’il était encore inenvisageable de donner au Mal une forme et une essence précise (humain ou esprit ? Bouseux de l’enfer ou prince des ténèbres ?).

Impossible de ne pas être troublé par ce très beau film, somptueux tissage d’érotisme et de putréfaction, dans lequel l’odeur, qu’elle soit attirante (transpiration adolescente) ou répugnante (humeurs cadavériques diverses) joue un rôle essentiel.

Impossible enfin de ne pas voir dans ce plan final prodigieux (le démon sifflotant gaiement sur son métier à tisser les charognes) une incarnation de John Wayne Gacy, et de tous ces croquemitaines américains qui ont cultivé, et cultivent sans doute encore au fond de leurs jardins, d’indicibles figures de sexe et de mort. En ça, Jeeper Creeper apparaît comme une réactivation fantastique formidable du mythe du serial killer artiste. Un projet d’autant plus troublant qu’il vient d’un mec comme Salva, toujours un pied au bord des ténèbres.

Jeeper Creeper, c’est aussi et avant tout un hymne amoureux et animal au reniflage de caleçons sales, et pour ça, rien que pour ça, il a toute mon affection.

19 - Le Fils de Chucky - Don Mancini

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Le Fils de Chucky

Don Mancini

 

 

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C’est l’histoire poignante d’une poupée transexuelle schizophrène née sous X surnommée Face de Cul qui part à la recherche de ses origines.

Objet improbable, totalement folledingue, Le Fils de Chucky est une vraie perle et de très loin le meilleur épisode de la saga des Child’s Play. Archi référentiel (la séquence d’intro énorme en caméra subjective), propulsé par une série de gags inouïs en total accord avec l’esprit de la franchise (« Made in Japan » !!), voilà une comédie horrifique comme en voit rarement, une sorte de trip King Jouet sous mdma avec pantins à la dérive et marionnette en pleine branlette.


Dommage que le film perde en cours de route le fil de son propos pourtant hyper intéressant sur la quête d’identité sexuelle (voyons, il fallait bien que ce film me plaise pour une raison !) pour au final atterrir sur une note bien consensuelle. Masculin et Féminin ne peuvent définitivement pas cohabiter dans un même corps sans le faire exploser… Ballot ! Le Mal, en revanche, est asexué : substance informe, contagieuse, ricanant et mijotant des coups pendables quelque part entre la peau et le polystyrène, elle enfoutre l’animé et l’inanimé avec un même appétit d’horreur. Chair et plastique, tressés : that’s what Chucky is all about !

20 - A l'Intérieur - Alexandre Bustillo et Julien Maury

20

A l'Intérieur

Alexandre Bustillo et Julien Maury


 

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Béatrice Dalle est un monstre. Sur cette évidence maudite, Bustillo et Maury ont taillé un somptueux costard de Boogeyman à l’actrice, qui s’ébroue dans ce rôle comme jamais. Phénomènale dans son imper de sorcière, Béa rode et complote d’affreuses choses à travers cet authentique horror comic, référenciel mais pas trop, bien gore comme on aime, bien vulgaire, bien grunge (on voit rien, l’image est dégueu, c’est génial !) sordide MAIS rigolo. Un film à l’image de Béatrice Dalle, donc.


 

Mes 20 Films d'Horreur Préférés

Inspiré par Ecran Large, j'ai décidé de poster mon Top 20 des meilleurs Films d'Horreur sous la forme d'un infernal Halloween Countdown!

 

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Note:

La règle du jeu est de ne citer qu'un film par réalisateur (3 Romero, 3 Sam Raimi et 12 Carpenter, nan c'était pas possibleuh!!)

J'ai volontairement omis de mentionner des films tels que La Féline, Rosemary's Baby ou Les Oiseaux, qui sont pour moi des films d'angoisse et des films fantastiques, même s'ils s'inscrivent (plus ou moins) dans une tradition ou un répertoire horrifique.

 

Voilà.

vendredi, 28 août 2009

La Tourneuse de Pages - Denis Dercourt

 

Sa mère la pute le cinéma français.



Mes des fois, non.


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C'est l'éternel refrain qui sort de la femis depuis un bon bout de temps: la lutte des classes en forme de partouze parfumée à l'azote liquide, la chatte des bourgeoises, la viande des prolos, des regards de merlans fris, un décorum glacé et une bonne cuillère à soupe d'ironie. Le réalisateur Denis Decourt a eu le brio de transpercer ce patron un peu dégueu d'éclats inattendus: une infinie sensibilité, déjà, puis de la violence, de la passion, de l'amour... Le tout porté par un crescendo totalement renversant. Peu à peu la Tourneuse de Pages se transforme, dit des choses, puis ne dit plus rien, murmure, suggère, puis hurle à nouveau. On comprend qu'il est question de choses qui ne se disent pas, qui n'ont pas de noms, que l'on ne peut pas expliquer, soumettre, montrer; c'est donc un film sur le cinéma, à sa façon. Et c'est brillant.


Tout cela pourrait sembler un peu trop glacé si le film ne contenait pas dans ses aspérités une infinie drôlerie, comme cette apparition éclair de Deborah François travestie en Stefi Graff, sorte de lutin lesbien barely legal, quelque par entre Danna Fairbanks et les futures naïades de Naissance des Pieuvres (autre film génial). En lui-même le scénario est d'une vacherie tordante, à laquelle le casting fait honneur: le visage ingrat et poupon de Catherine Frot (inattendue et géniallissime dans ce rôle) porte l'essentiel du capital grotesque du film. Quant à Deborah François, elle est irrésistible en psychopathe taiseuse et polie.

 

Dans le même style, c'est beaucoup moins fin et intelligent que Douches Froides (ce Chef d'œuvre Absolu), mais force est d'admettre que La Tourneuse de Pages à du style. Et cette façon excentrique qu'à la film d'avancer, funambule, étranglé par des sentiments infâmes, lui donne une classe folle, très aristocratique en fin de compte.